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Stéphane BOUDY

Diplômé de la Sorbonne, ancien professeur de philosophie, candidat à diverses élections, Stéphane Boudy écrit aussi des romans. Grand voyageur, il est fasciné par l’Asie du Sud-Est et a plusieurs fois parcouru cette région du monde. Il est également co-directeur du théâtre Marguerite Duras (TMD) à Bordeaux et fondateur du PIC (Parti indépendant pour la culture). Stéphane Boudy s’est investi dans la collecte des souvenirs des résistants de la Seconde guerre mondiale après s’être immergé dans la mémoire des anciens d’Indochine.

Il habite aux Chartrons à Bordeaux.


Livres

Des nouvelles des morts

L'homme du Transsibérien

DIÊN BIÊN PHU, la cuvette de l'enfer

Nuit sur Bali

Black Bouddha

C.D.D.

Transsibérien

  

Les appartements d'indochine

Laurent part à la recherche de son ami Guillaume, disparu un jour en Indonésie. Il en profite pour découvrir.

Finalement tout découvrir, un pays entre torpeur et nonchalance, couleur et rigueur, un ami et peut-être un peu lui...


Un voyage insolite sans cliché, une recherche sans à tout prix, mais avec des craintes, des angoisses, des libertés provisoires, conditionnelles, des espaces emprisonnés.

Stéphane ne braque pas l’éclairage sur les nouveaux paysages mais sur les voyageurs. L’objectif est de mettre en lumière leurs âmes ainsi que la sienne, en faisant d’eux des passagers de l’intérieur, de la vie à la mort en passant par l’enfance. « Etre à Tataouine », oui, mais dans les ombres du passé, celle de la mort, de ses morts, plus précisément.

Voilà, je suis L’Homme du Transsibérien. J’ai pris neuf fois ce train. Hormis les contrôleurs je suppose que personne ne connaît ce train comme moi. Arrivé au bout du monde. A Hanoï. Il faut aller jusque-là. Dans la ville verte. L’eau verte de ses lacs reflète le vert entier sur les façades des immeubles modernes et des maisons coloniales. Et puis la brume dans sa confusion renforce encore plus ces reflets plaqués par les nuages bas.

Ce troisième ouvrage du Bordelais Stéphane Boudy en surprendra plus d'un. Ce n'est pas tous les jours qu'un jeune écrivain trempe sa plume dans la boue de la Guerre d'Indochine. Le roman ne se lâche pas une seconde, de la première à la dernière page. Qu'il décrive le paysan viêt-minh dans sa progression vers la victoire inéluctable ou bien qu'il fasse parler l'officier français gêné de donner des ordres absurdes auxquels personne ne semble donner crédit, Stéphane Boudy sonne juste et fort. Une vraie réussite.


Joël Raffier - Journal Sud-Ouest

« Black Buddha », nouveau roman de Stéphane Boudy après « Nuit sur Bali », « CDD », « Diên Biên Phu ». Stéphane est un auteur, un écrivain, un homme qui « rôde » dans la vie comme dans les phrases pour ne pas en appesantir le sens ni la forme. Dans cet ouvrage on le ressent encore plus que dans les autres. Il raconte, décrit l’Asie bien-sûr. Avec lui ça coule de source on prend le Transsibérien et on part. Puis on voit comme lui, on pense comme lui.

Les passants se succèdent à la queue leu leu. Impossible de marcher l’un à côté de l’autre. Je vois dans ce signe certain, l’œuvre d’une volonté non pas municipale, mais encore une fois, cinématographique : Le héros selon le mythe est généralement seul et sans famille. Seul, parce qu’il est « assez » fort, seul. Sans famille puisque avoir été mis au monde est sans aucun doute une forme de faiblesse. Lui, le héros, il s’est créé lui-même, ex nihilo, à partir de rien, selon le principe bien connu de la génération spontanée. Il suffit de laisser une semaine, sa vaisselle, reposer. Ce temps échu, on verra un certain nombre de particules, voire de petits animaux, naître effectivement de rien, au fond de l’évier. D’ailleurs le héros naît peut-être comme ça, tout seul, d’un coup, de rien, et du fond d’un évier.

Certains Blancs pouvaient aller loin dans la volonté d'isolement. Dans un départ il y a toujours ce que le voyageur de longue durée appelle les raisons négatives. Il y a ce pour quoi on est là mais aussi ce pour quoi on n'est pas ailleurs. Homosexualité, divorce, absence de famille, précarité dans le pays d'origine... les raisons des Blancs ne sont pas si variées. Le pays d'accueil permet d'oublier ou de mieux vivre ce que l'on est. Lui, je ne sais pas comment il s'appelle, appelons- le John, je ne sais pas s'il s'ennuyait en Angleterre mais le cas échéant, venir ici, n'est pas ce qu'il a fait de mieux.

Improbables parallèles qui rendent ce récit insolite, vivant comme la vie, des «coq à l’âne», des situations cocasses, anodines, des songes, des souvenirs sur des phrases construites comme elle, Grand Magasin du bricolage, de la débrouille et avec au milieu de ce paysage connu, presque quotidien, presque banal, des sourires, des insolences, des hommages, champs de bataille, stèles…

Avec Stéphane on ne sait toujours pas ce qui est futile, ordinaire et on ne sait pas non plus si ce n’est pas cela le plus lourd.