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Agnès PAROLA SIEGWART


Pourquoi Agnès ne veut-elle pas publier ses romans planqués dans un tiroir ? Parce qu’elle a peur qu’un mot écrit ne soit plus le bon… Ou de trop… Que l’écriture fige des mots qui posent déjà, du barbouillage ? De l’impudeur ? De l’encre qui coule de plaies jamais cicatrisées ? Même « Rien » ne saurait-il sonner juste ? Pourtant après trois ouvrages qui chantent plutôt bien elle va sortir un roman… Intitulé « Rhett », bien sûr…


Livres

Palissandre

Rhett

Les évidences

Un vingt-quatre décembre

Je pèse les silences de la maison, ils sont trop lourds. A travers les fenêtres, je ne vois plus ce que je voyais hier avec toi. Hier j’avais chaud. Dans la salle de bains, hier, il y avait ton rasoir et ta brosse à dents. Dans la chambre à coucher le lit ressemble à mon lit de pensionnat. Dans l’armoire restée ouverte, tes jeans ne se frottent plus aux miens et dans les placards tes pulls ne réchauffent pas les miens. Les pas, dehors ressemblent tous aux tiens, aujourd’hui. Je n’ai pas su te retenir. Sais-tu pourquoi ? Parce que j’ai cru que tu allais revenir. Je pense à l’envers. Je pense oui quand il faut penser non et vice versa. Bon, je ne t’en veux pas, je m’en veux. Je me déteste. Si tu pouvais m’aimer pour nous deux, ce serait bien mais...

Un jour ou l’autre, puis, un jour après l’autre, un auteur, son héroïne et ses personnages vivent ensemble. Dorment ensemble, se réveillent ensemble puis dans des pages poussiéreuses finissent ensemble pour l’éternité, au fond d’un grenier... Qui des uns ou des autres apprend la vie ? Qui des uns ou des autres n’arrivent pas à exprimer les sentiments ? Qui anéantira l’autre qui ne peut y répondre ? L’auteur Bess bien que protégée par l’amour fou de son mari Rhett, ira au bout de son roman comme au bout de ce combat qu’elle livre sans merci à Flora, surnommée «la tempête».



«Les évidences» ce sont des femmes, des femmes qui naviguent de la tendresse vers la folie. L’ancre dérape, cap vers la rage, la violence, même. Evidemment, alors l’encre rouge coule à flot.


Avec ce recueil de nouvelles Agnès Parola fait route jusqu’à nous, lecteurs avertis.

De ce sommet, elle regardait le paysage avec un certain effroi car, comme par le passé, elle savait qu’une si belle ascension allait lui donner le vertige. Elle en reconnaissait déjà les signes. Elle ne pouvait s’empêcher de penser, avec conviction, que tout cela n’allait pas durer.

Si comme le dit Kundera : “le drame d’une vie peut toujours être exprimé par la métaphore de la pesanteur”, la béatitude de Solène, de sa hauteur, avait soudain quelque chose de lourd, de sourd et d’étouffé.